Actulive.net | Yasmine Zeba : Une femme de rigueur !
19 août 2014 | 1050 Vues

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«A Gagnoa où j’étais élève, il y avait un club littéraire dans notre Lycée et moi j’aimais écrire et lire les poèmes. Un jour en  présence de l’actuel ministre de la Culture invité dans ce lycée, j’ai pu bien réciter un beau poème de 75 vers qui m’a valu d’être chaleureusement applaudie. Depuis lors, mes amis et même mes enseignants m’ont encouragée à embrasser le journalisme, spécialement la radio. C’est de là l’idée m’est venue de m’essayer à ce métier». Voici en substance le point de départ d’un métier qui va rapidement devenir la passion de Mlle Diomandé Zéba Brigitte, Yasmine Zeba pour les intimes. Aujourd’hui animatrice-productrice radio et chef d’entreprise, Miss Zeba fait son petit bonhomme de chemin dans le métier et dans la vie. Ensemble, découvrons celle qu’on qualifie de «femme de rigueur absolue».



UNE ENFANCE TURBULENTE

Fille de M. Diomandé, ancien Intendant de Cafop (Centre d’Animation et de Formation Pédagogiue), et de Christine Fodé, la petite Zeba passera son enfance à parcourir la Côte d’Ivoire dans le giron de son père Econome de   profession. Mais c’est particulièrement à Gagnoa qu’elle passera la plus grande partie de son adolescence et de jeunesse. Elève au Lycée, elle va se faire remarquer par son talent de grande littéraire. «J’aimais bien lire pour consolider ma culture personnelle», se souvient-elle. Influencée par la religion musulmane sous l’impulsion de l’un de ses professeurs de Lycée,  Brigitte suivra les cours et prières islamiques et sera baptisée Yasmine. De la classe de 3e en 1ère elle pratiquera cette religion qu’elle abandonnera plus tard pour des raisons personnelles, pour retourner à ses premières amours, l’église catholique. Mais elle gardera néanmoins le prénom de Yasmine pour la radio.

 

LE CHEMIN DE LA RADIO

Dotée d’une belle voix et restée très attachée à la Littérature depuis le Lycée, elle fera ses premiers pas sur ‘’Radio Gognoa’’ grâce à Dexter qui lui en ouvre les portes. D’autres noms comme Mariam Coulibaly et autres feront leurs preuves sur cette radio de la capitale du Goh. L’appétit venant en mangeant, Miss Zeba va prendre goût au métier d’animateur. Après son Bac, elle vient à Abidjan et pose ses valises à Radio Yopougon. C’était en 1999. Sous l’encadrement de M. Zéguédoua N’guetta, le boss des lieux, Zeba fera sa première grande école de radio : «Il m’a dit : va à l’antenne et commence. C’était difficile, mais je m’en suis sortie grâce à ma culture générale parce que c’était un débat à diriger», raconte-t-elle. Subjuguée ce jour- là par sa voix et sa tchatche, Martial Assème, un ancien de la radio lui fera des compliments chaleureux et lui inculquera quelques artifices du métier : «Il m’a dit ‘’tu as la voix qu’il faut pour réussir mais ne brûle pas les étapes», se souvient Yasmine qui fera une véritable école auprès de son maître N’guetta, avant de monnayer son talent dans d’autres radios de la cité comme Radio Amitié, Radio Attécoubé alors qu’elle était encore à l’Université, en faculté de Sciences Economiques.

De là, la vocation des médias étant décidément plus forte, elle va s’inscrire dans une école de formation professionnelle en vue de préparer un DESS en Communication. «Je me suis entêtée pour le faire alors que les parents ne me voulaient pas dans le métier. Ils avaient plutôt opté pour les Finances mais j’avais déjà pris goût au showbiz et à la Communication». A force de persévérance, elle finira par convaincre ses parents sur son choix. «Je n’ai pas vraiment connu une enfance calme», tient à souligner Zeba. Pour juguler la turbulence de la jeune fille, ses enseignants lui confiaient déjà le rôle de chef de classe, et gare aux bavards ! «Je
les envoyais tous chez les éducateurs pour leur faire subir la correction qui s’imposait» dit-elle. Femme au style «garçon manqué», Zeba savait vite se faire respecter. C’est le cas pour ce jeune élève qu’elle a battu pour son attitude jugée irrespectueuse visà- vis de Miss Zeba.

 

PETITE ANECDOTE

«Ce jeune a eu le culot de m’envoyer une lettre d’amour inspirée du livre «Les frasques d’Ebinto». Cela m’a mis hors de moi. Et je l’ai battu copieusement parce que je n’étais portée sur ces choses. Tout ce que j’avais en tête, c’était de réussir
à mon Bac et de m’ouvrir les portes de la vie. La seule fois que j’avais porté une mini-jupe, j’ai crée l’émeute à l’école parce que c’était du jamais vu. En fait, bien que parfaitement femme dans mon apparence et ma présentation, je manifestais plutôt un style de garçon», raconte cette femme qui, au Lycée, était aussi très sportive.

 

SON EPAULETTE DE CHEF D’ENTREPRISE

Soucieuse de copier le modèle occidental où les hommes de médias finissent comme chef d’entreprise, Yasmine n’avait jamais songé courir pour les grandes radios locales comme l’ont fait certains de ses collègues. Elle a préféré plutôt rêver d’ouvrir sa propre boîte pour employer d’autres jeunes. «N’gowa Communication» en est le fruit.
En femme battante, elle va s’inscrire au programme N’zassa de M. Zié Coulibaly pour se former en Entrepreneuriat. Bien qu’encore quelque peu informelle, sa structure va se lancer dans l’événementiel en organisant le ‘’Gala des Directeurs’’ et un tournoi de Maracana à Yopougon, deux événements qui connaitront un succès fou. En 2009, Miss Zeba va encore se former en production de spectacles live.

Cela lui permet d’avoir les armes nécessaires pour son entreprise. Parallèlement à son métier d’animatrice, elle crée des événements
qu’elle réussit de fort belle manière grâce à son sens de la rigueur. En 2010, elle sera cooptée par Alain Tailly pour Ivoire Régie qu’elle va diriger durant un an avant de rendre le tablier pour se consacrer à sa propre boîte. Elle va par la suite s’insérer dans un réseau de chefs d’entreprise et se former en gestion et management pour donner des piliers forts à sa boîte avec laquelle elle compte former les jeunes filles en Entrepreneuriat : «C’est le seul chemin qui pourra permettra à ces filles de se prendre en charge», souligne Miss Zeba.

 

LA RIGUEUR, LA SOURCE DE SON BONHEUR ET DE… SES PROBLEMES

Rigoureuse, voire intransigeante sur les bords, elle est appréciée diversement par ses partenaires. Certains la jugent trop dure pendant que d’autres l’apprécient bien. Pour elle, la rigueur doit être de mise dans toute entreprise si on veut aboutir à de bons résultats. «Ce n’est pas souvent facile avec mes confrères de la presse qui me jugent de compliquée ; mais qu’ils sachent que la rigueur est dans ma nature. Cela est dû au budget qui souvent ne suffit pas et que je dois gérer jusqu’à l’atteinte des objectifs», rappelle-t-elle. Evidemment, ce rigorisme professionnel et relationnel lui est quelquefois préjudiciable tant au niveau du travail que dans sa vie privée de femme.

En effet, divorcée depuis 7 ans, elle est mère de 4 enfants qui sont à sa charge. Miss Zeba qui prend la vie à deux comme symbole d’engagement n’apprécie pas que l’homme soit égoïste et veuille soumettre sa femme à ses seuls caprices. Pour elle, l’engagement doit se sentir de part et d’autre. C’est une femme de principes qui ne se laisse pas marcher sur les pieds ni n’accepte d’être reléguée au second plan. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle recommande une autonomie aux femmes. La création de sa boîte N’gowa Communication en est une parfaite illustration de la force de ses convictions et de son indépendance d’esprit. Femme douce et amère à la fois (comme elle le rappelle), elle veut toujours voir ses rêves se réaliser quel qu’en soit le prix. Avec sa structure, elle prépare la ‘’Journée nationale des Entreprises’’ qui se décline comme un rendez vous d’échanges et de rencontre entre travailleurs et employeurs. Au cours de ce rassemblement d’affaires, les jeunes pourront bénéficier de la formation en Entrepreneuriat afin de se prendre en charge. Un rendez vous prévu pour le mois de novembre au Plateau à Abidjan.

 

SON MODELE D’ANIMATEUR, SES PROJETS ET SES LOISIRS

Même si elle avoue avoir été  influencée par les animations d’Yves Zogbo Junior et Claudy Siar, Miss Zeba dit être subjuguée par Alain Mévégué, chroniqueur culturel sur France 24. Il est son modèle. En termes de projets, outre son événement de novembre, elle rêve de diriger une grande radio à l’image de Africa N°1 et de former les jeunes à ce métier d’animateur.


Au chapitre des loisirs, elle dit aimer la musique urbaine qu’elle savoure en allant se déstresser souvent en boite de nuit. Mais elle reste surtout attachée à ses enfants pour
lesquels elle est prête à faire de gros sacrifices pour leur bonheur et leur réussite. Elle conseille surtout aux jeunes filles de transcender pour leur autonomie.

 

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