Actulive.net | Waiper saberty : il rempalce Alpha blondy lors d'un concert aux USA
3 décembre 2014 | 1714 Vues

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Qu’on l’appelle Waiper ou Waipa Saberty, Sahui Bertin, artiste-musicien hors pair évoluant dans le Reggae, fait son chemin dans le gotha musical ivoirien depuis un peu plus de trois décennies. Le chanteur reggae revient avec «Maturité» et promet de faire revivre l’art ivoirien à travers de grands chantiers novateurs. Découvrons un peu plus celui qui fut l’un des meilleurs compagnons d’Alpha Blondy.

 

Ses débuts

 

C’est dans sa jeunesse, dans les années 80, que Sahui Bertin alias Waiper Saberty, influencé alors par des noms de légende tels Bob Marley, Burning Spear, …… pour ne citer que ceux-là, est bercé par la musique Reggae. Déjà sur les bancs de l’école, comme bien des jeunes de sa génération, le futur Waiper est mordu par ce virus qui dévale sur le monde entier. Il prend alors le chemin de la musique et se forge dans ce domaine jusqu’à intégrer, dans les années 80, l’Orchestre de la RTI, formation de référence au sein de laquelle il fera ses preuves. Ami personnel d’Alpha Blondy, Waiper sera sollicité par son pote qui était lui aussi la star absolue de l’époque, afin qu’il apporte son expérience à ses musiciens du «Solar System» avec lesquels ils feront le tour du monde, écrivant ainsi les plus belles pages de l’histoire du Reggae ivoirien. Cela, à travers des tubes dont le souvenir du succès reste encore vivace dans la mémoire de l’artiste : «C’était des moments magiques et inoubliables qu’on a passés ensemble», se souvient-il.  Une anecdote veut même que Waiper remplace Blondy sur scène aux USA lors d’une tournée de la méga star. Vrai ou faux ? «C’est vrai.

 

On avait fait plusieurs scènes aux Usa et à la fin de la tournée, Alpha très atigué, m’appelle dans sa chambre d’hôtel et me dit: ‘’Regarde, si j’essaie de monter ce soir sur scène, je risque de crever’’. Je lui ai dit : ‘’Laisse-moi te remplacer’’. Je suis monté ce soir-là, dans le look de Blondy, et comme je maîtrisais tout son répertoire, ses tics, le public n’a rien su jusqu’à la fin du show. A la fin, Blondy qui a eu peur au début, m’a dit : ‘’Je te respecte’’», confie le chanteur. Qui, pour s’occuper de sa propre carrière, va prendre ensuite du recul.

 

Un Reggae Particulier

 

C’est une musique reggae particulière qu’offre cet artiste multidimensionnel. Chanteur- interprète à la base, Waiper pratique un reggae swinguant fait avec professionnalisme sur un fond tiré de la tradition bété, son ethnie. Ce qui donne un savant mélange de notes mélodieuses et de compositions dont lui seul a le secret : «Il faut de l’originalité dans ce qu’on fait quand on est professionnel», rappelle le chanteur qui totalise à ce jour 4 albums.

 

Son retour avec «Maturité»

 

«Maturité», c’est le titre du 4ème album de l’artiste qui se veut un musicien chanteur, compositeur et interprète soucieux de présenter aux mélomanes un travail bien fait qui épouse les règles du professionnalisme. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a mis de longues années à sortir cette dernière œuvre dont la réalisation remonte à 2001, mais dont la sortie fut retardée par les crises répétées en Côte d’Ivoire : «C’est un maxi single de 4 titres retravaillés avec des musiciens professionnels. Là-dessus, j’ai fait une reprise de «Anoumé» de Bailly Spinto que les mélomanes pourront découvrir», explique celui qu’on considère comme un «expert» dans la reprise des chansons cultes de la musique ivoirienne.

 

«La reprise d’une chanson est une tâche difficile, il faut être vraiment professionnel pour le réussir», dit celui-là même qui a beaucoup étudié la musique en France et qui désormais, veut partager son expérience et sa vision avec ses frères artistes ivoiriens sur des chantiers et des projets destinés à permettre à chaque créateur de vivre décemment de son art, cela, grâce à une ‘’révolution’’ qu’il entend provoquer dans le domaine des droits d’auteur. Une expertise de ‘’E-commerce’’ qu’il a acquise grâce au soutien d’un organisme européen. De quoi s’agit-il?

 

 

« Le E-Commerce», un palliatif au fléau qu’est la piraterie »

 

Conscient du sinistre occasionné par la piraterie sur la carrière et la vie des artistes et même de l’Etat ivoirien à travers la fiscalité que ce fléau plombe chaque année, le chanteur ivoirien, à travers I.I.E (Isere International Evénementiels, Centre Wakapa Productions, ONG «Artistes pour la Collaboration France-

Reste du monde») s’engage en Côte d’Ivoire dans la lutte contre la piraterie de la propriété intellectuelle, et en faveur de la protection des oeuvres de l’esprit aux droits des auteurs. Un combat que l’artiste compte mener avec ses pairs artistes de Côte d’Ivoire à travers un grand programme de sensibilisation qui impliquera tous les acteurs de la culture : expliquer et former les artistes à cette technique qui permet d’optimiser les droits, tel est l’objectif de Waiper.

 

Le point de presse de ce jeudi 27 novembre sera l’occasion pour l’artiste-entrepreneur de dévoiler son plan d’action : «C’est une technique qui va impliquer l’Etat de Côte d’Ivoire à travers l’ARTCI qui, désormais, amènera les maisons de téléphonie à payer aux artistes le fruit de leur travail. Avec le «E- commerce», tout le monde gagne’’», assure l’initiateur de «Festilutte», un giga-concert prévu à cet effet du 28 novembre jusqu’au 30 novembre à Abidjan pour sensibiliser, informer et prendre un nouveau départ pour protéger les artistes. A en croire Waiper, le «E-Commerce» est la nouvelle solution à la paupérisation des artistes par les effets pervers de la piraterie.

 

Une mesure qui vient à propos pour soutenir la nouvelle dynamique de la musique ivoirienne. Se félicitant de la montée en puissance des musiques urbaines, Waiper en sait gré à son pote Blondy qui fait beaucoup pour ses jeunes frères chanteurs reggae qu’il produit. Son dernier message pour le retour définitif à la paix dans notre pays : «Je souhaite que les fils et filles de ce pays se donnent la main et qu’une libération totale des prisonniers politique scelle la réconciliation nationale»

 

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