Actulive.net | Rose Bâ : Une grande voix de la musique ivoirienne
18 août 2015 | 2527 Vues

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Rose Bâ fait partie des grandes artistes qui ont tracé les sillons de la musique ivoirienne. Elle appartient à la même génération que les chanteuses Aïcha Koné, Jeanne Agnimel, Reine Pélagie, Virginie Godjy... Rose Bâ vit avec sa famille depuis plusieurs années sur les bords de la Seine (Paris) en France. Riche d’une longue et belle carrière, elle a à son actif, douze (12) albums dont le tout dernier est  ‘Persévérance ‘. 

 

Orpheline de mère à l’âge de cinq (5) ans

 

Fille du grand peuple Wê à l’Ouest de la Côte d’Ivoire (précisément de Bèouè-Zibiao, dans le Département de Bangolo), Bâ Lidégoué Rose épouse Makré–Goudé (alias Rose Bâ) est née d’un père agent des forces de l’ordre et d’une mère chanteuse traditionnelle. Rose Bâ a vu le jour au Quartier Rouge de la commune d’Adjamé ; c’est là qu’elle a grandi : ‘’Adjamé est une commune cosmopolite. Quoique modeste, le cadre a produit de grands noms : Aïcha Koné, Oumar Ben Sala, Basile Boli sont tous des enfants d’Adjamé ; je suis fière de leur réussite’’, tient à préciser la chanteuse reconnaissante à sa commune natale. Rose Bâ (ou Yougneron, son petit nom qu’elle tient de sa grand-mère) a eu une enfance quelque peu mouvementée. Sa naissance coïncide avec le départ de son père à la retraite. Elle n’a pratiquement pas connu l’amour maternel. ‘’Dans la société africaine, la mère joue un très grand rôle ; moi, j’ai perdu la mienne à l’âge de cinq (5) ans ; on a par moments besoin d’affection maternelle. J’étais donc une enfant très réservée. A l’adolescence, quand je me suis mise à la chanson, j’ai pu extérioriser toute cette tristesse enfouie en moi’’. Explique-telle, toute émue. Son père étant polygame, la petite Rose, élevée par ses marâtres, est néanmoins entourée de l’affection de ses frères et soeurs aînés. Rose Bâ fréquente l’école primaire Camp Gardes de l’Indénié. Elle obtient son Cepe à l’école primaire de Touba. Par la suite, c’est le Centre technique de jeunes filles de Treichville qui l’accueille; elle y obtient le certificat d’aptitude professionnelle. Rose Bâ sera ensuite orientée au Cours Castaing pour une formation en comptabilité, sténodactylo, etc. Ce qui lui permet de rentrer dans la vie active en intégrant une grande société de la place où elle évolue pendant deux (2) ans en tant que sténodactylographe.

 

Ses débuts dans la musique au sein de l’Orchestre national d’Abidjan

 

ma mère. J’entendais les gens me dire que ma mère ne vit plus. La musique me consolait. Je me suis donc mise à chanter très tôt, à l’âge de treize (13) ans. Car la musique me consolait et me donnait de la joie. C’est ce qui explique le la prédominance de la tristesse dans mes premières compositions’’, explique Rose Bâ qui poussait déjà la chansonnette à l’école primaire au sein d’une chorale du côté de Touba. En 1978, elle est recrutée comme choriste au sein de l’Orchestre national d’Abidjan dirigé à cette époque par (feu) Jean-Joseph Pango. Elle y forge ses armes deux (2) ans durant (de 1977 à 1979). A la fin de l’année 1978, l’orchestre accompagne l’artiste Bailly Spinto au Centre culturel de Treichville. Là, Rose Bâ après un tour de chant de haute volée, est remarquée par un spectateur (Kouassi Golet Christophe) qui l’encourage à sortir son tout premier album et décide de l’épauler à hauteur de la coquette somme de Cinq (5) millions pour la confection de sa maquette. Sur conseil de certains professionnels du milieu (en l’occurrence M. François Konian), la chanteuse s’envole pour la France pour boucler l’album.

 

 

 

Son départ en France et la sortie de son tout premier album

 

1979 avec dans son sac la maquette de son album. Le producteur ne se signalant plus, elle fait la rencontre de M. François Tahi qui décide de financer la production de l’album. La toute première oeuvre de la chanteuse,  ‘Guéyé Konguin ‘, sort en 1982 avec le titre  ‘Le bélier ‘ sur lequel elle rend un vibrant hommage au premier Président de la Côte d’Ivoire, feu Félix Houphouët- Boigny. Cet album, d’excellente facture, bénéficie d’une très bonne promotion et reçoit un accueil favorable auprès du public. Rose Bâ réussit ainsi à inscrire son nom dans le giron des grandes artistes ivoiriennes. D’autres albums suivront :  ‘Adjéké  ‘,  ‘Africa Zimbabwe ‘,  ‘Monin Magnon ‘, etc. ‘‘Je n’avais jamais pensé vivre définitivement en France. J’y étais juste allée enregistrer mon premier album et revenir au pays. L’album terminé, j’ai fait la rencontre de celui qui deviendra mon époux. Je me suis donc mariée jeune, à l’âge de vingt-huit (28) ans et j’ai eu mon premier fils ’’, explique celle qu’il convient d’appeler le ‘’rossignol de l’Ouest’’ pour la pureté de sa voix. L’artiste est aujourd’hui mère de quatre enfants, dont la dernière est aussi chanteuse. Grand-mère également, Rose Bâ a cinq (5) petits-enfants. Perfectionniste et désireuse de s’instruire davantage pour mieux se repérer dans la vie, la chanteuse s’inscrit à l’Ecole normale de musique de Paris ; après trois ans d’études, elle sort nantie d’un diplôme, le Brevet d’exécution, qui lui permet de faire une équivalence et d’entrer à l’Académie Paris 8ème pour des études qui se soldent par l’obtention d’un Bac +3 en Histoire. ‘’J’ai fait ces études pour ma culture personnelle, pour avoir un équilibre intellectuel, afin de pouvoir bien m’exprimer et me faire comprendre. Je bénis Dieu de m’avoir permis de persévérer dans les études’’, se réjouit la chanteuse dont le retour avec  ‘Persévérance ‘ traduit tout l’attachement à un métier dans lequel elle excelle. Nul doute que ce sont les amateurs de bonne musique qui s’en frottent déjà les mains.

 

Les moments forts de sa carrière, et ses projets

 

‘’Ma chanson  ‘Le Bélier ‘ en hommage au Président Félix Houphouët-Boigny m’a valu d’être invitée à un gala au palais présidentiel en 1988. J’ai reçu les félicitations du président Houphouët, ainsi qu’une enveloppe. J’ai participé en 1986 au concert de l’unité à Bouaké. En 1993, j’ai été coptée pour la ‘’Caravane de la paix’’ organisée par Monsieur le député Séa Honoré qui a sillonné 20 villes de l’intérieur du pays’’, se rappelle Rose Bâ dont les plus nostalgiques se rappellent encore les danseuses, Les Rosettes : ‘’Avec ma grande taille, j’avais des complexes qui m’empêchaient de bien bouger sur scène. Je me suis donc attaché les services de jeunes danseuses que j’ai surnommées ‘’Les Rosettes’’. Elles étaient mes complices. Les médias m’ont aidée à faire leur promotion et elles étaient très appréciées partout où je me produisais, y compris au-delà des frontières ivoiriennes ’’, se souvient cette grande voix de la musique ivoirienne. Digne fille du grand Ouest, Rose Bâ nourrit de grands projets pour sa région d’origine : ‘’J’envisage organiser très bientôt une série de spectacles que j’ai dénommée  ‘Les concerts prestige ‘ dans tout le grand Ouest’’, conclut la diva Rose Bâ qui est loin d’avoir raccroché le micro, elle dont l’actualité musicale se décline à travers  ‘Persévérance ‘, son tout dernier album riche de quatorze (14) titres tout aussi suaves que ceux de la glorieuse époque.                                            

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