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Actulive.net | Interview avec Georges Ravoteur Initiateur du carnaval Ivoiro-Antillais formel
Interview avec Georges Ravoteur Initiateur du carnaval Ivoiro-Antillais formel
12/09/2017
Interview

Le tourisme a perdu beaucoup de son engouement à cause des périodes d’incertitude


Georges Ravoteur est un Antillais installé en Côte d’Ivoire depuis une décennie. Il est l’initiateur du Carnaval Ivoiro-Antillais. Son objectif majeur est d’installer un pont culturel qui fera découvrir à ses compatriotes leur terre d’origine. Ce combat même s’il a pour support la mairie de Bingerville, demande des moyens colossaux. Il appelle donc les pouvoirs publics et organismes à s’accaparer cette opportunité touristique bénéfique pour le pays. Il donne également son avis sur la destination Côte d’Ivoire.

 

Vous menez le combat pour ramener le cœur des Antillais vers l’Afrique.  Ce , à travers l’installation d’un pont culturel entre les deux endroits. Avez-vous la sensation d’être encouragé dans ce combat ?


Le combat est assez dur.  Je suis quand même satisfait de ce qui se passe. J’ai même reçu il y a deux semaines de Paris une lettre de quelqu’un qui ne savait comment me joindre. Elle est d’un organisateur qui voudrait participer à notre carnaval et par son canal, un journaliste est aussi entré en contact avec nous. Alors  je pense que le petit travail que je fais porte ses fruits, non seulement avec les groupes qui sont déjà connus et qui devaient venir et qui s’intéressent à cet événement et d’autres qui se battent pour y participer, mais seulement c’est une question de finances. Des Guadeloupéens surtout s’intéressent énormément à ce que je fais. Je pense qu’il y a une toute petite porte qui s’ouvre, qui sera peut-être une très grande porte. Je suis satisfait quand même.

 

Que faut-il pour vous satisfaire un peu plus ?


Si on mettait beaucoup plus l’accent sur le tourisme, cela arrangerait les choses et elles marcheraient mieux. . Il y a des gens qui voudraient venir de Paris et qui voudraient découvrir le mode de vie des Ivoiriens. Mais réussir à avoir des fonds pour les encourager à venir n’est pas chose facile. L’hébergement avec les repas coutent un peu chers. Mais en plus, il faut leur faire visiter le pays. Je suis un peu satisfait, mais pas totalement. Je pense qu’il faudrait au moins trois ans pour tirer satisfaction.

 

Avez-vous pensé dès le début que les participants étrangers allaient vous revenir un peu en style casse-tête chinois, pour la partie touristique ?


Bien sûr ! Quand le maire Beugré Djoman m’a demandé que le carnaval évolue au centre de la commune, de Bingerville, j’ai pensé à cette partie touristique. Mais il faudrait que l’Office du Tourisme de Côte d’Ivoire s’y implique fortement. Parce que le tourisme a perdu beaucoup de son engouement à cause des périodes d’incertitude que nous avons subies. C’est assez compliqué. Mais cela revient petit à petit. C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens dévoués qui font un travail extraordinaire sur le marché. Si on s’impliquait autant qu’elles, çà irait grandement de l’avant. Mais est-ce que la politique pour y arriver est faite correctement ? Il nous faudrait une forte publicité dans les avions, les magazines, dans les agences de voyages … C’est bien dommage, parce que le pays a d’énormes potentialités. Citons entre autres la Route des esclaves de Tiassalé, qui a attiré des Américains, des Européens … qui découvraient la Côte d’Ivoire. Certains sont venus assûrément par le truchement de leur ambassade. Une délégation d’une dizaine de personnes d’Outre-mer  y a participé. C’est dommage, parce que la Route des esclaves les concerne aussi.

 

L’un de vos points forts en créant cet événement, est de rappeler aux Antillais leur histoire. Ont-ils de l’engouement pour épouser votre idéologie ?


La plupart des Antillais ne connaissent pas leur histoire, ou refusent cette vérité. Certains renient leur africanité. Une de nos compatriotes a écrit un livre qu’on devrait soumettre à un large public africain, afin de savoir l’origine ancestrale et le travail établi par le colonisateur. En faisant ses recherches, elle retrouve qu’au jour d’aujourd’hui on nous a enfoncés avec un lavage de cerveau, des termes qui ne concernaient pas du tout notre africanité et que l’on voudrait que nous soyons des créoles. A travers ses recherches, voilà ce qu’elle a trouvé. Donc cela a éveillé en elle une réflexion réelle prouvant qu’on nous donne des qualificatifs que nous acceptons sans en savoir la raison.

 

Ce qui voudrait dire que beaucoup de mentalités sont sclérosées là-bas ? Quelle est alors votre plan de travail pour les ramener à la raison ?


Par le carnaval on peut y arriver. Mais il nous faut d’énormes moyens pour soutenir l’action. Les gouvernements ivoirien et français, les associations des Droits de l’homme et des personnes de bon sens pourraient y contribuer. Car, une seule personne ne peut pas tout faire, surtout avec des faibles moyens. Certains pays africains, je citerai le Sénégal et le Bénin ont une politique dans ce sens. Pourquoi pas la Côte d’Ivoire ?

 

Est-ce qu’il y a des Antillais qui veulent venir en Afrique malgré les calamités qu’on leur montre à travers les médias ?


C’est çà le problème. Je prends mon cas personnel. Au sein de ma propre famille quand on leur proposait de venir visiter l’Afrique, ils avaient cette image scolaire de la femme ‘’Hottentote’’ dans son village sud-africain qui décorait nos livres d’école sur l’histoire de l’Afrique. Quand quelques membres sont arrivés en Côte d’Ivoire, c’était l’éblouissement complet. Maintenant, leur grande envie est de visiter plusieurs pays africains.

 

Réalisée par Clément KOFFI

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