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Actulive.net | L’écrivaine Sandia Fofana clame haut et fort : « Je veux que les hommes sachent ce qui se passe »
L’écrivaine Sandia Fofana clame haut et fort : « Je veux que les hommes sachent ce qui se passe »
11/09/2017
L’écrivaine

Un roman de révolte dénommé : « Vivre ! Rien que çà » écrit par une ivoirienne basée en France, fait la ‘’une’’ des causeries. Lors de sa dédicace le 26 août 2017, à la Rotonde des Arts à l’immeuble Nour Al Hayat à Abidjan-Plateau, l’auteure Sandia Fofana nous a accordé une interview. Pour elle, beaucoup de pratiques doivent être mises à nu. Et clame tout haut, que si c’était à refaire, elle le ferait avec encore plus de détails choquants. www.Actulive.net vous emmène à la découverte de ses pensées.

 

Qui est Sandia Fofana?

Je suis née à Mankono en Côte d’Ivoire, le 17 mai 1969 de parents Koyaga. Je vis en France et je suis l’auteure du roman « Vivre ! Rien que ça », qui vient d’être publié en Côte d’Ivoire par les Editions ’’Encre Bleue’’.

 

Pourquoi avoir écrit cet ouvrage ?

C’est pour prouver à toutes les femmes que la vie n’est pas facile. Mais il y a des manières d’opérer pour s’en sortir.

 

Dans votre ouvrage, hormis le fait de mettre à nu les méchancetés des hommes, vous soulignez la pratique du mariage en famille ?

Oui ! Parce que cette pratique ancestrale continue malheureusement dans certaines familles. Alors en parler peut contribuer à l’éradiquer.

 

Votre grief contre la société peut vous ouvrir la porte à l’écriture d’un autre ouvrage. N’est-ce pas ?

(Rires) … Oui ! Il est en route et il parle de l’immigration des jeunesses africaines, qui est un véritable problème. Pour le moment je le nomme : « Mon corps vivra dans l’océan ».

 

Pourquoi avez-vous refusé l’école à votre bas âge ?

Aujourd’hui je sais que l’école est une nécessité. D’alors, le milieu dans lequel je vivais n’en avait pas besoin. C’est arrivée en France que vu les circonstances, je me suis dit : « J’ai raté ma vie ». Je me suis mise à apprendre parce que je voulais devenir une intello, dépendre de moi. Pour cela, je payais des friandises à l’enfant de ma rivale et le forçait à lire. Lui, ne savait pas qu’il était mon instituteur.

 

Vous soulignez les pratiques esclavagistes de votre premier mari dans le livre. Que vous faisait-il subir ?

Nos salaires étaient bloqués par lui. Ma rivale avait plus de chance. Car, elle faisait la tontine, qui lui permettait de ne pas tout donner à notre mari. Me concernant, je ne connaissais pas le circuit. Donc, il prenait tout jusqu’au dernier centime. Les souffrances, on ne peut pas tout raconter, tellement c’était atroce.

 

Pourquoi n’avez-vous pas porté plainte dans ce pays qualifié des droits de l’homme ?

Il y a 30 ans la femme africaine qui y vivait n’était pas émancipée. Ma situation était à l’image d’un cauchemar que je faisais et tant que je n’étais pas réveillée, je ne pouvais pas être conscience. Aujourd’hui grâce au livre je me suis réveillée. D’ailleurs la pratique esclavagiste affectait toutes les femmes africaines qui vivaient en France.

 

En écrivant cet ouvrage, vous avez brisé un tabou qui ne semble pas bénéficier aux hommes ?

Je veux que les hommes de chez moi sachent ce qui se passe sous d’autres cieux. Je veux par ce roman que les choses changent. La femme mérite plus de respect.

 

Quelles attitudes vos compatriotes ont eu envers vous quand elles ont appris la sortie de l’ouvrage ?

Certaines femmes Koyaga racontent pourquoi j’ai écrit ce livre. D’autres par contre apprécint l’esprit du combat. Je suis fière de ce que j’ai fait. Je n’ai pas de regret. S’il fallait recommencer, j’ajouterai d’autres paragraphes plus révoltants. J’ai préféré abrégé de peur de le voir provoquer un véritable choc.

 

Réalisée par Clemso ACTULIVE