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Actulive.net | Interview avec Chantal Romano
Interview avec Chantal Romano
15/08/2017
Interview

Chantal Romano/ J’anime depuis 2011 des concerts méditatifs

Chantal Romano est une artiste comédienne pluridimensionnelle, avec une vision plus que particulière. Ne voulant pas se cantonner à uniquement la France, elle veut étendre ses expériences et savoirs à travers le monde.  D’abord infirmière, elle devient  actrice de théâtre,  pour atterrir à des expériences personnelles qu’elle croit bénéfiques aux populations… La rampe de lancement qu’a choisi son metteur en scène et compagnon Momo Ekissi est la Côte d’Ivoire. Ce, en vue de propulser l’un de ses écrits  « Arche du Conte et du son ».  Cette comédienne hors du commun s’est confiée à Actulive.net pour raconter ses nombreuses techniques sorties d’un autre univers : L’univers Romano.

Qui est Chantal Romano ?

Chantal Romano  voit le jour en 1957 à Langres, une petite ville de l’Est de la France. Elle est la 2ème fille d’une fratrie de 4 enfants constituée d’une sœur ainée, d’une sœur cadette et d’un  garçon dernier né. Ma mère a eu ses 4 enfants en 4 ans. Mes parents sont 2 enseignants, très matérialistes, rigides et sévères sur l’éducation de leurs enfants.

Qu’est ce qui vous a emmené au théâtre ?

A l’âge de 6 ans, j’ai été victime d’un accident de luge qui m’a laissé des séquelles cognitives légères que mes parents n’ont jamais acceptées. Elles sont signifiées par des troubles de la mémoire et de l’apprentissage, trouble visuel léger…) Ce rejet de la différence avec les autres enfants se manifestera par toutes sortes de brimades que m’infligeront mes parents.

Cela vous a poussé à sonner le cor de la révolte ?

Après un baccalauréat littéraire,  j’ai  fait des études d’Infirmière  en région parisienne  loin du milieu familial. J’ai exercé le métier pendant une vingtaine d’années. Je me suis  mariée et de cette union n’est  né  aucun enfant. Car j’avais peur de reproduire sur eux ce que j’avais vécu. Suite à mon divorce, je m’installe en Alsace au nord-est de la France où j’exercerai  mon métier d’infirmière encore 5 ans avant de  le quitter. Cela suite  essentiellement à la dépendance hiérarchique du milieu médical qui me ramenait à mon enfance. J’ai pour ce faire réalisé en Alsace, un de mes rêves d’enfant : Monter sur scène. J’ai alors intégré  une troupe de théâtre amateur en 2003, puis de 2010 à 2013.

 

 

 

 

 

Quel en a été le résultat ?

Devant l’échec des thérapies conventionnelles occidentales, (psychothérapie, traitement chimique), je me suis tournée  vers d’autres formes. Je me suis formée encore à toutes sortes de techniques d’éveil de la conscience. (Reiki, chromothérapie -couleur thérapie -, chamanisme, communication animale, sonothérapie…). J’ai dès cet acquis nouveau partagé les bienfaits de mes « connaissances » en animant depuis 2011 des Concerts Méditatifs aux bols chantants et autres instruments aux sons guérisseurs.(bols chantants tibétains et cristal, gongs, carillons, tambour chamanique…)  J’ai en ce moment un besoin impératif qui est de me former à la résonance et l’énergie de la voix que je compte introduire  dans mes Concerts méditatifs.

Pouvez-vous nous conter l’histoire de l’Arche du Conte et du Son ?

En été 2015, je participais au  spectacle « Terre de Danse »  à Marckolsheim, une petite commune Alsacienne,  ou je jouais la prêtresse d’un tableau « bouddhiste ».  On m’avait demandé d’y  participer,  parce que j’anime depuis 2011 des concerts méditatifs à Colmar dans une salle bouddhiste. Qui consiste à utiliser des instruments aux sons « guérisseurs » tels que le gong, le tambour chamanique etc. Sans organisation et sans  metteur en scène compétent, le spectacle semblait compromis  quand  Momo Ekissi est arrivé d’Allemagne pour faire la mise en scène de ce spectacle français. En quelques répétitions, grâce à son charisme, sa gentillesse, sa générosité, son amour de l’autre, son professionnalisme, son humilité, Momo a sauvé le spectacle par une mise en scène…magique. Momo Ekissi était fasciné par les instruments sonores que j’utilisais. Je l’ai convié à assister à un de mes concerts méditatifs.

Alors … ?

De cette rencontre découlera, en novembre 2015 la création de l’association : « L’Arche du Conte et du Son ». Qui se veut une passerelle interculturelle. Momo a « à cœur » de partager les cultures, toutes les cultures, en douceur, avec Amour, en intégrant tout ce que l’art peut apporter, notamment par le Conte Théâtralisé.

Combien de créations votre compagnie a-t-elle produites à ce jour et où les avez-vous jouées ?

« L’Arche du Conte et du Son », est une jeune association créée fin 2015,  qui présente essentiellement des contes théâtralisés participatifs pour toute la famille, avec costume de scène, marionnettes africaines à tige et habitable, masques, percussions, gongs, bols chantants...  Elle a présenté une dizaine de créations sur Colmar et les environs. Des contes théâtralisés d’ici, d’Afrique et d’ailleurs sur des sons du monde.  Le dernier spectacle était à la médiathèque de Soultz en avril 2017.

De vos écrits Momo Ekissi tire « La fleur brimée », qu’il compte faire connaitre. Comment cela est-il arrivé ?

 Momo voulait quelques textes. J’ai donc pris la plume et accouchée, entre autre, « Fleur Brimée ». Mais je ne savais pas qu’il voulait le produire au Festival de l’Acteur Solo à Abidjan et même le faire jouer ultérieurement !un

Vous avez été pendant l’enfance sujette à plusieurs brimades exercées par vos parents, à cause d’une condition maladive non voulue. Est-ce pour vous affranchir de ses distributions exagérées de coups, que vous avez parcouru les métiers (Infirmière et comédienne) et maintenant animatrice de concerts méditatifs ?

J’ai toujours voulu aider les autres et les faire rire. Sans doute parce que c’est de ça dont je manquais. Il me semblait que soigner était une bonne façon d’aider mais je n’avais pas envisagé tout ce carcan hiérarchique autour du malade. J’ai fini par ne plus le supporter.  Quant- à être « comédienne », c’est un bien grand mot pour quelqu’un qui à juste fait un peu de théâtre amateur. Momo Ekissi  m’offre une opportunité magnifique de m’y remettre sur le tard.  Mais n’est-on pas le comédien de sa vie lorsqu’on arrive en classe tout sourire alors que votre mère vient de vous arracher les cheveux en vous peignant, ou que vous vous faites gifler en classe devant tous les élèves par votre père qui est l’enseignant ?

Votre accident de luge vous laisse des séquelles béantes. Qui naturellement vous ont emmenées de nombreux problèmes. Quels bénéfices en tirez-vous aujourd’hui ?

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu du mal à vivre. Un sentiment de jeunesse brimée, un mariage raté, un divorce raté, un métier d’infirmière raté, une vie de femme ratée … Sans doute l’accomplissement d’un Karma qui me mène « forcément » vers une démarche spirituelle.

Pourquoi, alors que vous avez obtenu un baccalauréat littéraire, vous avez décidé de devenir infirmière ?

En fait, je voulais devenir professeur de français. Mais  les études étaient longues et  c’était  continuer à subir le joug parental à cause de la dépendance financière. Je m’étais résignée à faire plus court. J’avais postulé pour enseigner dans le primaire et dans un journal que mes parents recevaient. J’avais vu que l’Education nationale recrutait des futures infirmières avec une bourse d’étude en échange d’un contrat de 5 ans. Cette solution me garantissait un petit apport financier et des études à Paris, loin des parents. Quand j’ai passé le bac, la première proposition que j’ai eue, était celle de pouvoir devenir infirmière. Alors j’ai choisi la sécurité de l’emploi.

Est-ce l’infirmerie qui vous a orientée vers le théâtre, afin de vous permettre l’éveil de conscience ?

Avec le recul et l’expérience, j’intègre que l’humain  est une entité physique, mentale,  émotionnelle et spirituelle. Il me parait évident maintenant que le système de soins à l’occidentale est carencé puisqu’il ne s’occupe que du physique.

Vous l’affirmez en tant que personne ressource ayant exercé dans ce corps ?

Beaucoup de gens se tournent maintenant vers les méthodes  holistiques. La thérapie holistique est une expression de la médecine non conventionnelle, s'appuyant sur un sens dérivé du holisme et désignant des méthodes qui seraient fondées sur la notion d'un soin apporté en tenant compte de la « globalité de l'être humain » : physique, émotionnel, mental et spirituel, ou corps-esprit et considérant le patient comme une personne et non comme un malade.[] En fait nous recherchons instinctivement tout ce que nous avons perdu : Etre soi, ici et maintenant, en son unité, donc en bonne santé.

Quels apports souhaiteriez-vous ajouter au déjà existant pour émanciper le théâtre ?

Je n’ai pas de prétentions dans ce domaine parce qu’en France je pense que tout se fait. Par contre, Momo Ekissi, l’enfant du pays, aurait certainement à dire sur le sujet. Moi je ne connais hélas pas la Côte d’Ivoire.

 

Les techniques élaborées par vous lors de vos différentes expériences, sont-elles mises en application pour des cas analogues au votre, il y a des années ?

Chacun porte un fardeau et nul ne peut comparer son fardeau à celui d’autrui. Tout ce que j’ai appris, je le mets dans mes concerts méditatifs. C’est une lourde responsabilité d’accompagner 25 personnes allongées à vos pieds. Mais c’est tellement gratifiant quand au bout de 2 heures ils vous disent qu’ils se sentent mieux et vous remercient aussi pour l’accompagnement « vibratoire, énergétique » qu’ils ont ressenti.

Vous serez désormais jouée en Afrique (Côte d’Ivoire). Déjà trois représentations publiques de votre œuvre ‘’Fleur Brimée’’ avec un projet de tournée en milieu scolaire et sous-régionale pour les causes de la femme sont sur la table…  Quand vous reçoit-on en Côte d’Ivoire ?

Je suis très surprise et émue de l’ampleur que prend ce texte dont tout l’honneur revient à Momo Ekissi. J’espère qu’il pourra servir la cause de la femme.  J’ai bien peur de ne pouvoir venir vous rendre visite. Car je ne me sens pas suffisamment en santé pour affronter les… moustiques (Rires). Dans ma prochaine vie, je viendrai. Promis !

Réalisée par Clemso ACTULIVE

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